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Non seulement Jean-Francois Copé a-t-il raté son putsch pour prendre la tête de l’UMP mais François Fillon a d’ores et déjà flingué sa candidature pour la Présidentielle de 2017 en le privant de toute légitimité aux yeux des électeurs de l’UMP.

François Fillon et Jean-François Copé aux journées de l'UMP le 27 septembre 2012 (A.Robert/SIPA)

L’UMP vit une de ces luttes de pouvoir qui se jouent en quelques heures, quelques jours, et dont le dénouement structure la vie politique pour les années qui suivent. Et de fait, face à la bataille Fillon/Copé, si l’observateur se place dans la perspective de l’élection présidentielle 2017, tentant de discerner une vérité dans le chaos apparent, il est enclin à tirer la conclusion que François Fillon mène une bataille qui devrait lui permettre, à terme, de prétendre à postuler à la fonction de huitième président de la Ve république.

Fillon, candidat de la droite en 2017 ?

Ceux qui ne croient pas en François Fillon, depuis toujours, le décrivent comme un velléitaire indolent, psychosomatique de surcroit, systématiquement pris de problèmes de santé (lumbago, calcul rénal etc) dès qu’il fait face à une situation contrariante.

Pas assez tueur, pas assez déterminé, pas assez hargneux, tels sont, depuis trente ans, les qualificatifs « off » qui accompagnent l’itinéraire du personnage. Dimanche soir et lundi soir, ceux-là ont été un temps confirmé dans leur jugement.

Se faire battre sur le fil par Copé, rendre les armes en pestant, le tout après une campagne jugée trop centrée la France et pas assez sur l’UMP, la cause était entendue, une fois de plus, et de manière définitive : Fillon et la politique, la vraie, la cruelle, celle qui fait entrer dans l’Histoire, cela fera toujours deux, comme ce fut le cas pour son mentor, Philippe Seguin.

L’argument qui tue

Or, voilà qu’hier, François Fillon est venu démentir cette vérité, actée par tous les adeptes du commentaire politique à fort accent du sud-est et qui se nourrit des caricatures qu’il décrète lui-même en les entretenant.

En menant une offensive éclair, muni d’une argumentation parfaitement adaptée aux circonstances, François Fillon a porté à Jean-François Copé un coup décisif. Renoncer soi-même à la présidence de l’UMP, en soulignant qu’un président élu dans des circonstances douteuses, que ce soit avec 102 voix d’avance ou 27, cela n’a aucun sens, est en effet l’argument qui tue la victoire de Copé, et le personnage avec.

En renonçant à la présidence,  Fillon a délégitimé Copé, réussissant, dans le même élan, à le réduire à ses seuls défauts : le goût du pouvoir pour le pouvoir, l’accaparement des places, la posture du chef du clan qui veut tout, qui prend tout, vorace, insatiable, et à n’importe quel prix.

Reste une dernière incertitude : le tempérament de François Fillon, souvent mis en cause, depuis si longtemps. Sera-t-il à la hauteur ? Ces derniers jours, plus que jamais, ses adversaires le dépeignent en homme surtout doté d’un mauvais caractère, parce que sans caractère et pliant face à la première difficulté.

Source: leplus.nouvelobs.com

Le renoncement de Fillon, par contrecoup, lui confère la légitimité enlevée à Copé et le pose pour 2017, non pas en chef de clan mais en chef de camp. Fillon a renoncé au poste de président pour mieux asseoir sa fonction de présidentiable. Copé apparaît comme le diviseur, Fillon comme le rassembleur. CQFD.