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« Γη δύο φορές ενωμένοι υπό το φως  η δύναμη όλων των πραγμάτων » (De la Matière par deux fois unie à la Lumière nait la Force Vitale de toute chose),  ces mots extraits d’un parchemin trouvé sur le site archéologique d’Akrotiri, sur l’ile de Santorin en Méditerranée, jettent un éclairage nouveau sur la civilisation  des Cyclades...

General Relativity - Atlantis - Akrotiri - 1700 BC

Santorin et le mythe platonicien de l’Atlantide.

C’est le philosophe grec Platon qui mentionne pour la première fois, au quatrième siècle avant notre ère, dans deux dialogues, Le Timée et le Critias, l’existence d’une ile ou d’un continent disparu, l’Atlantide: « οὐκἔλαβον πόλιν. άλλα γὰρ ἠλπἰς ἧφη κἀκα ».

Le Timée est un récit fait par Critias, riche Athénien disciple de Socrate et parent de Platon lui-même. Selon Critias, son arrière-grand-père Dropidès, s’est vu confier par le législateur Solon (VIe siècle av. J.-C.) une confidence que lui-même tenait d’un prêtre égyptien du temple de Saïs au cours d’un voyage d’études qu’il entrepris en Égypte en 570 av. J.C., sous domination Perse à cette époque.

Aux dires du prêtre:

« En ce temps-là, on pouvait traverser cette mer des Atlantes. Elle avait une île, devant ce passage que vous appelez, dites-vous, les colonnes d’Hercule. Cette île était plus grande que la Libye et l’Asie réunies. (…) Or, dans cette île Atlantide, des rois avaient formé un empire grand et merveilleux. »

Le prêtre entreprend ensuite de narrer la lutte des Hellènes menés par Athènes, puis d’Athènes seule, contre les soldats atlantes venus des îles « du fond de la mer des Atlantes », événements qu’il situe 9000 ans avant son époque. Peu après la victoire, des tremblements de terre surviennent à Athènes ainsi que dans l’Atlantide.

« Dans l’espace d’un seul jour et d’une nuit terribles, toute votre armée athénienne fut engloutie d’un seul coup sous la terre et, de même, l’île Atlantide s’abîma dans la mer et disparut. Voilà pourquoi, aujourd’hui encore, cet océan de là-bas est difficile et inexplorable, par l’obstacle des fonds vaseux et très bas que l’île, en s’engloutissant, a déposés. »

Le Timée donne ensuite une description générale de la civilisation atlante, de son expansion, de la guerre contre Athènes et de la destruction finale de l’Atlantide.

Le Critias entre davantage dans les détails, contant l’origine des habitants (nés de l’union de Poséidon et d’une mortelle, elle-même fille d’un autochtone) et leurs mœurs, la géographie de l’île, son organisation sociale et politique. La fin du Critias est perdue. Le récit s’interrompt au moment où Zeus décide de punir les Atlantes décadents en leur envoyant le feu du ciel.

Il est désormais considéré par un nombre croissant de spécialistes de l’antiquité et de Platon que ce récit de l’Atlantide est une fiction entièrement élaborée par Platon à partir de références mythologiques, de ses idées politiques et philosophiques et du récit d’évènements anciens que Platon considérait lui-même comme une légende. Cette fiction transmise par Platon n’est l’utilisée qu’accessoirement pour illustrer son propos de fond, qui est le devenir d’Athènes.

Selon les dernières avancées historiques, les évènements auxquels Platon fait référence et qu’il considérait comme une légende se situent aux alentours de 1450 av. J.C. et sont relatifs à l’explosion de l’ile de Théra (maintenant Santorin) et au raz de marée qui s’en suivit, lui-même à l’origine du déclin puis de la disparition de la civilisation Minoenne sur l’ile de Crète et dans les Cyclades.

Platon a décrit de façon précise l’Atlantide, qu’il présente comme un monde idyllique. On peut en résumer les détails comme suit :

L’île est située au-delà des Colonnes d’Hercule, où se trouvent des fonds vaseux, restes de l’île disparue. Depuis cette île, on a accès au continent situé plus loin. À l’époque de Platon, les Colonnes d’Hercule étaient positionnées de part et d’autre du goulet de l’actuel Gibraltar.
Le roi éponyme de l’Atlantide est Atlas, fils du dieu de la Mer Poséidon et de la nymphe Cleito.
L’île est divisée en dix royaumes gouvernés par Atlas et ses neuf frères puis par leurs descendants. Chaque royaume possède sa propre capitale, copiée sur la cité-mère, capitale du royaume d’Atlas, dessinée par Poséidon lui-même. La cité-mère est située autour d’un mont. Elle est circulaire et entourée de fossés navigables.
L’île est riche en ressources naturelles, parmi lesquelles figure un métal mystérieux, l’orichalque, mais doit aussi importer des produits, ce qui suppose des relations commerciales avec des peuples voisins.
La religion des Atlantes était centrée sur Poséidon, le père des dynasties royales, et incluait le sacrifice annuel d’un taureau que l’on devait capturer pour ensuite l’égorger sur un autel en forme de colonne.
Les Atlantes deviennent corrompus au fil du temps. Ils fondent par les armes des colonies des deux côtés de leur île, conquérant une partie de l’Afrique jusqu’à l’Égypte, et de l’Europe jusqu’à l’Italie. Athènes est le seul État capable de s’opposer à leur expansion.
L’Atlantide, ainsi que l’armée athénienne, ont été engloutis lors d’un immense raz-de-marée associé à des tremblements de terre, en un jour et une nuit. Platon ne donne pas d’explication géologique à cette catastrophe.
Platon situe ces événements 9 000 ans avant l’époque de Solon alors que, selon les dernières données historiques, ils ne se seraient produits qu’environ 1000 ans plus tôt.

Des révélations sur la fin de l’Atlantide.

Si, comme le suggèrent les récentes découvertes des archéologues, l’explosion de Théra est bien à l’origine du mythe platonicien de l’Atlantide, de nombreuses questions demeurent sans réponse concernant la nature et de degré de civilisation des habitants de Théra et des cyclades, à l’époque ou le reste de l’Europe et du Moyen-Orient en est à l’age de bronze.

Les résidus radio-actifs retrouvés dans les ruines d’Akrotiri ainsi, bien qu’à des niveaux de radiations beaucoup plus faibles, en Crête, en Egypte, au Liban et en de nombreux autres endroits du pourtout mediterranéen, laissent supposer que la volatilisation presque complète de l’antique Thera ne serait pas seulement due à l’explosion du volcan qui en occupait le centre. La présence de tritium, un isotope de l’hydrogène, parmi ces traces radioactives, ne laisse pas de susciter de nombreuses interrogations dans la communauté scientifique.