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Après l’affaire Karachi, l’ex-Président de la République Française, Nicolas Sarkozy, est soupconné, une fois de plus, de malversations dans le cadre d’une affaire  de ventes d’armes et de rétrocommissions.

Nicolas Sarkozy et le President du  Kazakhstan Nursultan Nazarbayev

Nicolas Sarkozy et le President du Kazakhstan Nursultan Nazarbayev

Selon des sources proches du dossier, la mise en examen de Nicolas Sarkozy dans l’affaire des ventes d’hélicoptères au Kazkhstan serait imminente.

Même si on ne l’a appris que récemment, la justice française enquête, depuis le printemps 2012, sur une affaire d’Etat, susceptible d’impliquer le pouvoir sarkozyste. Dans la plus grande discrétion, deux juges d’instruction parisiens, saisis de faits de « blanchiment en bande organisée », « corruption d’agents publics étrangers », « complicité et recel » de ces délits, explorent les dessous de contrats signés en 2010 entre la France et le Kazakhstan, pour près de deux milliards d’euros. Ces marchés, comprenant la fabrication de 45 hélicoptères par Eurocopter, sont susceptibles d’avoir donné lieu au versement en France de rétrocommissions, au bénéfice de la campagne Présidentielle de Nicolas Sarkozy de 2012.

Jean-François Etienne des Rosaies, ancien conseiller de Nicolas Sarkozy, alors président de la République, et Nathalie Gonzalez-Prado,ex-chargée de mission de Claude Guéant, alors secrétaire général de l’Elysée, ont été placés en garde à vue en septembre dans cette affaire qui s’annonce explosive. Des perquisitions ont été menées à leurs domiciles et au siège d’Eurocopter.

En effet, Nicolas Sarkozy est lui-même soupçonné d’avoir fait pression en 2011 sur le Sénat belge, à la demande du président kazakh Noursoultan Nazarbaïev, afin d’adoucir le sort judiciaire de trois hommes d’affaires d’origine kazakhe poursuivis en Belgique… et de permettre la conclusion de ces mirifiques contrats. Deux intermédiaires et une avocate niçoise, Me Degoul, proche de l’Elysée en 2010, ont été mis en examen en septembre dans ce dossier, suspectés d’avoir permis le versement d’importantes rétrocommissions.

MOUVEMENTS DE FONDS SUSPECTS

Pour la justice française, le dossier a débuté réellement au printemps 2012. Le 4 avril, à quelques semaines de l’élection présidentielle, Tracfin, l’organisme antiblanchiment du ministère des finances, a signalé au parquet de Paris des mouvements de fonds suspects – plus de 300 000 euros – sur les comptes de Jean-François Etienne des Rosaies.

Le parquet ouvre immédiatement une enquête préliminaire visant cet homme de 72 ans, chargé de mission au cabinet de M. Sarkozy, à la présidence de la République, entre 2007 et 2010. Au mois de mars 2013, le parquet de Paris ouvre une information judiciaire. La justice va établir que les mouvements de fonds détectés par Tracfin sont sans doute en lien avec la signature d’importants contrats commerciaux conclus, sous Nicolas Sarkozy, par la France avec le Kazakhstan.

Second volet du dossier : les enquêteurs examinent dans les moindres détails les circonstances de la visite d’Etat de Nicolas Sarkozy au Kazakhstan, le 6 octobre 2009, au cours de laquelle a été évoquée la signature des contrats. En effet la justice postule que le président Noursoultan Nazarbaïev aurait exigé de M. Sarkozy, comme contrepartie de ces contrats, une intervention de sa part en faveur des trois oligarques poursuivis en Belgique. De fait, ces trois hommes d’affaires ont bénéficié d’une loi d’exception votée à la hâte leur ayant permis d’éviter la prison.

Dans un entretien au Monde, le député centriste belge Olivier Maingain dénonce des pressions sur le Sénat belge et réclame la création d’une commission d’enquête parlementaire :

« Je connais les liens extrêmement étroits entre M. Sarkozy et nombre de parlementaires libéraux belges. S’il est avéré que le pouvoir législatif belge a été instrumentalisé par le pouvoir sarkozyste, pour, in fine, conclure un marché de vente d’hélicoptères, alors c’est un scandale d’Etat ».

Vincent Timaitre pour Les Infos du Jour