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Un A320 de la compagnie low-cost allemande GermanWings s’est écrasé avec à son bord 150 passagers dans la zone dite du triangle des Trois Evêchés.

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L’avion de ligne, qui effectuait la liaison Barcelone-Düsseldorf avec à son bord 150 personnes, a disparu des radars vers 10h50 et s’est écrasé sur le massif des Trois Evêchés, près de Digne

C’est le crash le plus meurtrier sur le territoire français depuis celui d’un DC-9 yougoslave près d’Ajaccio en 1981. Un A320 de la compagnie low-cost allemande Germanwings, qui reliait Barcelone et Düsseldorf, s’est écrasé dans la matinée sous la tête du massif de l’Estrop, à environ 1.500 mètres d’altitude, dans la vallée de la Blanche. Il transportait 144 passagers et 6 membres d’équipage. « Il y a peu d’espoir qu’il y ait des survivants », a déclaré le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve.  Que sait-on exactement sur cet accident terrible, la première catastrophe aérienne de ce type en France depuis le crash du Concorde en 2000 ?

Les circonstances du crash

L’appareil a commencé à perdre de l’altitude peu après avoir atteint le niveau dit FL380 (38.000 pieds, soit 11.500 mètres environ). Selon le patron de Germanwings, il a alors commencé une chute de huit minutes. « Le contact de l’avion avec le contrôle aérien français a été coupé à 10h53, à une altitude d’environ 6.000 pieds [1800 mètres] », a indiqué le patron de Germanwings Thomas Winkelmann en conférence de presse.

Les données compilées par le site Flightradar24 montrent une perte d’altitude régulière, de l’ordre de 3.000 à 4.000 pieds par minute, ce qui correspond à peu près à la descente d’un avion lors d’une approche en vue d’un atterrissage, assure le site. Cette descente commence à 9h32, sans que la vitesse n’évolue sensiblement (autour de 400-480 nœuds, soit 740 à 890km/h environ), toujours selon les données de Flightradar24. L’appareil semble ne pas avoir dévié de sa trajectoire, qui recouvre à peu près celle du même vol effectué la veille.

L’appareil n’a pas émis de signal de détresse, a indiqué à Reuters un porte-parole de la DGAC. « C’est la conjonction de la perte de contact radio et de la mise en descente qui a conduit le contrôleur aérien à déclencher la phase de détresse », a-t-il ajouté. Pour prévenir tout acte de terrorisme, un avion de chasse de l’armée de l’air est allé au contact de l’appareil et un hélicoptère de la gendarmerie ont été envoyés sur zone, selon le Monde.

Le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve a assuré en fin d’après-midi qu’une boîte noire de l’appareil avait déjà été retrouvée sur les lieux de l’accident. Le Bureau d’enquêtes et d’analyses (BEA) a annoncé avoir ouvert une enquête. Cette investigation technique, destinée à améliorer la sécurité aérienne, n’a pas vocation à désigner des responsables, tâche qui relève de l’enquête pénale.

L’avion : un A320, le bestseller d’Airbus

L’appareil, immatriculé D-AIPX, était un A320, la gamme de monocouloirs bestseller d’Airbus, avec plus de 6.200 appareils en service. Livré à Lufthansa en 1991 avec le numéro de série 147, il s’agissait donc d’un appareil assez ancien, un des plus vieux dans la flotte du groupe Lufthansa, avec 58.300 heures de vols et 46.700 vols effectués depuis son entrée en service selon Airbus. L’âge des avions n’a pas de lien direct avec la sécurité des passagers, à partir du moment où la maintenance est effectuée dans les règles. L’A320 concerné avait subi une grande révision « à l’été 2013 », selon le patron de Germanwings. Lufthansa est un spécialiste mondial de la maintenance aéronautique, à travers sa filiale Lufthansa Technik.

Selon la base de données d’Aviation Safety Networks, un organisme indépendant basé aux Pays-Bas, la famille A320 a connu 23 accidents mortels depuis son lancement commercial en 1988, avec 1.099 décès en tout. Le dernier accident ce type d’appareil datait de trois mois : le 28 décembre 2014, un A320 de la compagnie AirAsia s’était écrasé en mer de Java, faisant 162 morts. L’enquête est toujours en cours pour déterminer les causes de l’accident. L’A320 reste cependant un des avions les plus sûrs du monde, le nombre d’accidents étant à rapprocher des 85 millions de vols effectués par cette gamme d’appareils.

La compagnie : Germanwings, filiale low-cost de Lufthansa

Rachetée en 2009 par Lufthansa, Germanwing est le bras armé de la compagnie allemande dans le segment low-cost, à l’image de Transavia pour Air France. La compagnie, fondée en 1997 et rebaptisée Germanwings en 2002, dispose d’une flotte de 83 appareils, en majorité des A319 et A320, mais aussi des jets régionaux Bombardier CRJ900. Lufthansa avait décidé il y a deux ans de lui confier presque tous ses vols court et moyen-courrier, à part ceux décollant de Francfort et Munich.

Cet accident est le premier crash impliquant un avion Germanwings. Le pilote avait plus de 10 ans d’expérience chez Lufthansa et Germanwings, et plus de 6.000 heures de vol sur des appareils Airbus. Cet accident n’est pas la première catastrophe touchant une compagnie low-cost : si les leaders européens easyJet et Ryanair n’ont à ce jour eu aucune catastrophe à déplorer, l’accident de l’A320 d’AirAsia en décembre dernier avait déjà touché une compagnie à bas coûts.

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