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L’ex-président va être entendu dans l’affaire des pénalités : il avait fait régler par l’UMP l’amende qui lui avait été infligée après l’invalidation de ses comptes de campagne en 2012.

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Nicolas Sarkozy convoqué par les Juges dans l’affaire des pénalités de l’UMP

C’est la prochaine affaire qui va empoisonner la vie de Nicolas Sarkozy. Juste après les élections départementales, l’ancien chef de l’Etat sera convoqué au pôle financier du tribunal de Paris dans le cadre du dossier dit des « pénalités de l’UMP ».

Même si ce « rendez-vous » est encore susceptible d’être décalé, la date du mardi 31 mars a été envisagée pour entendre Nicolas Sarkozy. L’actuel président de l’UMP devrait être mis en examen pour abus de confiance à l’issue de son audition.

Que lui est-il reproché ? L’affaire concerne la dernière campagne présidentielle de 2012. Juste après le rejet de ses comptes de campagne à l’été 2013 par le Conseil constitutionnel pour dépassement du plafond autorisé, Nicolas Sarkozy avait fait régler à l’UMP les quelque 400.000 euros d’une amende qui lui était personnellement infligée. Les juges estiment que c’était à lui de payer, et non à son parti.

Environ 400.000 euros litigieux

Dans cette affaire, plusieurs responsables de l’UMP ont déjà été mis en examen, pour avoir organisé et autorisé cette opération de remboursement.

Le 3 février dernier, Jean-François Copé a été mis en examen pour « abus de confiance ». En tant que président de l’UMP au moment des faits, il est, selon les juges, juridiquement responsable de cette décision. Lors de son audition dont « l’Obs » a pris connaissance, Copé a maladroitement rétorqué :

Je n’ai fait preuve d’aucune complaisance envers Nicolas Sarkozy, ni envers qui que ce soit »

Il se défend : tout le bureau de l’UMP est complice, la décision de faire régler les 11 millions d’euros par le parti, soit les frais de campagne ainsi que les frais de pénalités, a été prise de façon collégiale. Une première fois rue de Miromesnil, dans les bureaux de l’ancien Président de la République. Une réunion avait été organisée en urgence le 4 juillet, jour de la décision du conseil constitutionnel.

Jean-François Copé

Selon Jean-François Copé, tout le bureau de l’UMP est complice et était d’accord sur le remboursement.

Et Copé était loin d’être le seul caid présent ce jour là. L’ignoble Jérôme Lavrilleux – lui aussi entendu dans le dossier et placé sous la statut de témoin assisté – donne la liste des participants : il y avait là Eric Cesari, l’ex-directeur général du parti, Michel Gaudin, directeur de cabinet de Sarkozy à l’époque, Pierre Giacometti, le sondeur, et Franck Louvrier, son conseiller en communication.

Tout le monde est d’accord pour que l’UMP prenne en charge tous les frais engendrés par le rejet des comptes de compagne. Le mot pénalités n’a-t-il jamais été évoqué ? Cesari ne se souvient pas d’en avoir entendu parler. Lors de son audition, ce proche de Sarkozy a expliqué :

Onze millions, c’est un chiffre rond facile à annoncer. »

Cette décision, qui est aujourd’hui au cœur de l’enquête, a ensuite été validée lors d’un bureau politique de l’UMP élargi quelques jours plus tard, le 8 juillet. Cette fois encore, Copé se souvient que tout le monde était « unanime » pour que l’UMP « assume de manière solidaire les conséquences financières de la décision » du Conseil constitutionnel. « Personne n’a émis parmi les personnalités politiques la moindre réserve sur ce processus », poursuit Copé.

Un complot de François Fillon ?

Pas sûr que le thème sera abordé par Nicolas Sarkozy lors de son audition. Jean-François Copé, lui n’a pas fait l’impasse. Pour le maire de Meaux, il ne fait aucun doute que toute cette affaire judiciaire n’aurait jamais existé sans François Fillon… En pleine guerre interne à l’UMP suite au scandale Bygmalion, le député de Paris a en effet rencontré les commissaires aux comptes du parti le 25 juin dernier. Soit deux jours avant que ces derniers n’alertent la justice au sujet de ces fameuses pénalités.

Et le 24 juin, François Fillon déjeunait avec Jean-Pierre Jouyet pour lui demander de « taper vite » dans cette affaire pour faire barrage au retour de Nicolas Sarkozy. Jean-François Copé feint de s’étonner :

Il est quand même troublant qu’ils [les commissaires aux comptes, ndlr] ne m’aient pas alerté personnellement durant la période c’est à dire près de 12 mois. »

Du temps de sa présidence du parti, il explique n’avoir jamais été prévenu que le paiement des pénalités posait un problème juridique. De son coté, François Fillon a toujours démenti avoir fomenté un quelconque complot.

Cyril Autresor pour Les Infos du Jour